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Des "poupées russes" crématoires rue de Ménival (Lyon 5e)

Dans un fond d'amphore se cachait une urne en plomb, renfermant elle-même un vase en céramique ! La fouille en laboratoire d'une crémation antique découverte lors du diagnostic archéologique rue de Ménival (Lyon 5e) a livré une succession de découvertes inattendues.

Une zone funéraire à Ménival ?

En février 2026, un diagnostic archéologique rue de Ménival a révélé plusieurs vestiges antiques, dont une voie secondaire en galets et un mur. Parmi ces découvertes, un dépôt funéraire, constitué d'un fond d'amphore contenant une urne en plomb, a particulièrement retenu l'attention des archéologues. 

A quelques mètres de là, un peu plus à l'ouest, un probable rejet de bucher funéraire avait d'ores et déjà été découvert place du Docteur Schweitzer (Lyon 5e).

Les Romains plaçaient en effet les zones funéraires à l'extérieur des villes et le long d'axes de circulation.

Prélèvement délicat à la pelle mécanique

L'urne funéraire a été prélevée en bloc afin d'être étudiée en laboratoire, dans des conditions optimales.

Avant son extraction, l'urne a été soigneusement enveloppée dans du papier cellophane. Elle a ensuite délicatement été prélevée avec la terre qui l'entourait à l'aide d'une pelle mécanique, sous la supervision de la gestionnaire du mobilier archéologique, avant d'être transportée jusqu'à la Direction de l'Archéologie pour y être étudiée. 

Fouille fine en laboratoire

Au laboratoire, Axel Saintlo, archéoanthropologue, et Clémence Mège, céramologue, ont procédé à une fouille minutieuse de la sépulture, selon les mêmes principes qu'une fouille de terrain. Afin d'éviter tout risque de contamination au plomb, un dispositif exceptionnel a été installé et les archéologues portaient gants, blouse et masque de protection. 

Cette fouille a permis de mettre au jour un remarquable système de contenants emboîtés : une amphore de type Dressel renfermait une urne en plomb, contenant elle-même un vase en céramique grise, à la manière de poupées russes.

Les restes osseux présent dans le vase correspondent à des fragments d'ossements brûlés, dont une vertèbre et un fémur appartenant à au moins un individu adulte.

Du verre fondu, des fragments de céramique et quelques éléments métalliques ont également été retrouvés sur le pourtour de l'urne en plomb, témoignant d'un geste funéraire attribuable à une offrande.

Après la fouille, l'urne et son couvercle en plomb ont été conditionnés dans une boîte hermétique afin d'assurer leur stabilisation. 

L'urne en plomb et le vase en céramique feront prochainement l'objet d'un traitement spécialisé au CREAM, une étape indispensable pour préserver ces vestiges et permettre l'extraction du vase dans les meilleures conditions. 

Schéma en coupe de la crémation

schéma représentant en coupe l'urne funéraire en plomb contenue dans un fond d'amphore et contenant elle-même un vase en céramique. A l'intérieur de ce vase en céramique, des restes humains et le couvercle du vase sont présents.
légende du schéma en coupe de l'urne indiquant en noir un dépot charbonneux, en gris foncé le vase ossuaire, en gris claire l'urne en plomb, en marron foncé l'amphore et en beige les os humains