Nos spécialités

La Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon regroupe une quinzaine de spécialités bien différentes qui lui offrent des compétences complémentaires pour la compréhension du patrimoine archéologique lyonnais.

L’objet d’étude de l’archéoanthropologue est la sépulture. Cela comprend à la fois les vestiges humains, l'architecture et les pratiques funéraires associées au défunt. 

Les objectifs sont pluriels : restituer le comportement des civilisations face à la mort et aux morts (gestes, rites), établir des profils démographiques, estimer l’état sanitaire d’une population.

Lors de la fouille, les premières observations concernent la position des ossements. En effet, ceux-ci ont pu migrer ou se déconnecter au cours du temps pour diverses raisons que l’archéoanthropologue tente d’identifier. Cela mène à la détermination de l’environnement dans lequel le cadavre a été déposé initialement (cercueil, linceul), même quand tout aménagement a disparu.

En laboratoire, les ossements font l’objet d’une étude biologique. On cherche à établir les données biologiques de chacun des individus : âge, sexe, pathologies, marqueurs d’activités, marqueurs de stress (carences alimentaires).

L’archéogéographe étudie l’évolution des territoires dans la longue durée et leurs dynamiques de transformation. Elle complète les opérations de terrain en révélant des traces anciennes souvent invisibles.

Au croisement de l’archéologie et de la géographie, l’archéogéographie s’appuie sur les sources écrites et cartographiques, les données archéologiques ainsi que sur l’analyse morphologique et une méthodologie spécifique. 

En amont des opérations, elle aide à évaluer le potentiel archéologique et à anticiper d’éventuelles découvertes. Après la fouille, elle participe à l’interprétation en replaçant le site dans un contexte géohistorique élargi. 

Par l’analyse comparée des plans de différentes époques et en changeant d’échelle, elle met en lien des sites éloignés tant du point de vue chronologique que spatial et donne ainsi du sens à l’organisation du territoire dans le temps long.

Complémentaire de l’archéologie classique, elle révèle les transformations du paysage, les grandes phases de l’aménagement urbain et révèle des logiques spatiales anciennes, parfois encore à l’œuvre dans notre territoire d’aujourd’hui.
 

L’étude archéologique d’un bâtiment a pour objectif d’analyser les maçonneries qui le constituent afin de cerner ses différentes phases de construction et son évolution à travers les siècles. 

L’étude du bâti peut porter sur des édifices aussi divers que des églises, des châteaux, des maisons urbaines ou rurales.

Le travail consiste en un examen minutieux des murs, une fois leurs enduits enlevés, pour y repérer d’éventuels changements au niveau des mortiers, des matériaux utilisés et de leur mise en œuvre. 
Les murs sont photographiés et dessinés pour y faire figurer les différentes maçonneries et les principaux éléments d’architecture. 

La chronologie établie sur le terrain peut être enrichie par d’autres sources comme les documents d’archives, la datation des éléments en bois (dendrochronologie) ou encore la datation au carbone 14 des charbons de bois contenus dans certains mortiers.

L’archéozoologue étudie la faune, c’est-à-dire tous les restes animaux (os, dents, ivoire, coquilles). Croisant archéologie et sciences naturelles, il cherche à comprendre la manière dont les animaux ont été chassés, domestiqués ou consommés. 

Sur le terrain, l’archéozoologue peut découvrir une grande variété de vestiges animaux : amas de déchets alimentaires, squelettes complets d’animaux ensevelis, restes liés à des rituels ou des offrandes, ou encore fragments d’os épars. Ces vestiges sont soigneusement prélevés avant d’être étudiés en laboratoire.

L’archéozoologue identifie alors les espèces, détermine les parties anatomiques présentes, évalue le nombre d’animaux représentés et repère les traces de découpe ou les pathologies (maladies, blessures). Pour cela, il peut s’appuyer sur une collection de référence composée de squelettes archéologiques ou actuels.

Au-delà des espèces consommées ou élevées, cette discipline révèle des informations précieuses sur l’environnement, l’occupation des territoires ou encore l’impact écologique des sociétés humaines.

Les recherches dans les archives sont le complément indispensable aux opérations menées par les archéologues sur le terrain. Elles permettent d’affiner la datation et la compréhension des découvertes archéologiques.

Lorsqu’ils préparent un chantier, les responsables d’opération exploitent d’abord les ressources bibliographiques. Elles permettent de dresser l'état des connaissances avant les fouilles. Pour aller plus loin, ils font appel au responsable des recherches en archives.

Le responsable des recherches en archives consulte d'abord les documents cartographiques et figurés qui concernent la parcelle investiguée. Il approfondit ensuite ses recherches dans les différents dépôts de manuscrits (Archives municipales de Lyon, Archives départementales du Rhône et de la Métropole, Bibliothèque municipale de Lyon...) afin de dresser aussi précisément que possible l'histoire de l'occupation de la parcelle fouillée.

La céramologie, c’est l’étude des récipients en terre cuite. Produite à partir du Néolithique, la céramique est présente sur la plupart des sites archéologiques notamment parce qu’elle a été utilisée en abondance à toutes les époques.

Une fois cuite, la terre est très résistante et se conserve particulièrement bien, même après des siècles d’enfouissement. Utilisée par toutes et tous, des plus modestes aux plus privilégiés, le vaisselle en terre est un témoignage précieux de la vie des populations passées et son étude constitue un point majeur des recherches archéologiques.

Dans un premier temps, l’identification et l’inventaire des poteries découvertes lors des fouille donnent des indications précieuses pour la datation des vestiges et ouvrent des pistes pour leur interprétation. Leur étude approfondie permet également d’en apprendre davantage sur les modes de fabrication des objets, la commercialisation des denrées les pratiques alimentaires et plus largement sur l’environnement culturel de leur utilisateur

Afin de pouvoir étudier correctement les vestiges exhumés et transmettre ce patrimoine aux générations futures, il est nécessaire de veiller à la bonne conservation du mobilier archéologique. C’est le rôle de la gestionnaire des archives du sol.

Conditionnement (mise en boîte), température, hygrométrie sont autant de paramètres auxquels la gestionnaire du mobilier doit veiller. A l’affût de l’oxydation, des fissures ou des moisissures, elle fait en sorte de stabiliser l’état de conservation de chaque vestige sorti de terre.

La gestionnaire des archives du sol a pour mission la protection des objets archéologiques selon leur fragilité et leur rangement dans les réserves. Elle assure le lien des collections avec le terrain et veille au respect des gestes de conservation préventive.

Elle supervise également les déplacements des objets après étude. C’est elle qui donne accès au mobilier archéologique aux chercheurs qui en font la demande et aux musées qui sollicitent des prêts pour des expositions.

En tant que responsable de la gestion des « archives du sol », elle veille également à la bonne conservation de toute la documentation attachée aux vestiges (relevés papier, photographies…).

La géomatique, étymologiquement, c'est la contraction entre « géographie » et« informatique ». Le géomaticien est chargé de gérer l'information géographique grâce à des outils et méthodes informatiques adaptés: les SIG (systèmes d’information géographiques).

Le géomaticien, dans le cadre de l’archéologie préventive, utilise les SIG pour faciliter l’analyse scientifique des données de fouille (par exemple, cartographier tous les sites funéraires du Moyen-Âge à l’échelle de la ville, ou encore étudier la répartition dans l’espace des céramiques de différentes périodes à l’échelle d’un site de fouille). 

La géomatique est également un outil d'aide à la décision permettant notamment d’évaluer le potentiel archéologique d’un éventuel futur site d’étude. 

Enfin, le géomaticien produit des outils de diffusion auprès du grand public, comme des cartes en ligne. La direction a créé un système d’informations géographiques dédié à l’archivage et au traitement des données scientifiques appelé ALyAS (Archéologie Lyonnaise et Analyse Spatiale), également destiné à la mise en valeur de l'archéologie sur le territoire de la Ville de Lyon.

« Géomorphologie, reliefs, processus et environnements » : le titre de la principale revue de géomorphologie française résume parfaitement l’objet de cette discipline. 

Ainsi la géomorphologie étudie les reliefs : versant, vallée, cours d’eau ou encore plaine.

Elle définit également les processus nécessaires à leur mise en place (la tectonique pour l’élévation d’une montagne, la dynamique fluviale pour l’installation d’un cours d’eau, la sédimentation fine pour la mise en place d’une plaine d’inondation, etc…) et associe ces processus à des environnements. 

Le géomorphologue vient donc en appui à l’archéologue pour définir, à travers les formes de terrain exhumées au moment des fouilles, le paysage passé et son fonctionnement. 

Pour cela, il travaille en association avec d’autres disciplines, telles que par exemple la palynologie (les pollens) et la malacologie (étude des mollusques, qui donnent des indications sur les milieux de vie).

L’infographiste transforme les minutes et relevés réalisés sur le terrain en planches d’illustrations, schémas, plans et restitutions 3D. Interface entre terrain et publication, elle élabore les représentations spatiales de l’ensemble d’un site, réalise les volumes graphiques et met en page les rapports d'opérations finaux.

Sur le terrain, les murs, fosses et coupes stratigraphiques sont relevés à l’échelle. L’infographiste les vectorise ensuite à l’aide d’un logiciel de dessin assisté par ordinateur. Cela permet d’illustrer les découvertes et d’éclairer l’évolution des occupations et des paysages sur un site selon les périodes.

Ces productions servent à la fois l’analyse scientifique et la diffusion des résultats. Normalisées et rigoureusement mises en page, elles intègrent rapports de fouille, publications, supports numériques ou expositions destinés à la communauté scientifique comme au grand public.

L’instrumentum désigne l'ensemble des petits objets de la vie quotidienne des populations anciennes. Il peut s'agir d'objets entiers ou fragmentés, principalement en métal, en os, en verre, en céramique ou en pierre.

Ces objets sont une source d'informations essentielle pour les archéologues. Ils permettent de mieux comprendre la fonction d'un site, de mettre en évidence les activités qui y étaient pratiquées, qu'elles soient artisanales, domestiques, militaires ou commerciales.

Le petit mobilier est un témoin privilégié des évolutions culturelles au cours du temps. Les changements dans les objets du quotidien ou l'apparition de nouvelles formes peuvent révéler des innovations techniques ou des contacts avec d'autres populations. Ces découvertes aident aussi les archéologues à dater les sites.

L'étude de l'instrumentum ne se limite pas aux objets finis mais aussi aux ébauches, aux chutes de matières premières et aux déchets de productions. Ces derniers apportent des informations sur les savoir-faire et les activités artisanales anciennes.

Transmettre les résultats de la recherche au grand public est une des missions de la Direction de l’Archéologie. Pour cela, les médiateurs redoublent d’inventivité pour créer animations et supports afin de diffuser la connaissance au plus grand nombre.

La médiation, c’est le dernier maillon de la chaîne archéologique. Pour que la donnée archéologique soit intelligible auprès de publics non spécialistes, il faut d’abord la simplifier.

Interventions dans les établissements scolaires, ateliers pédagogiques, visites, réseaux sociaux, supports de communication ou encore événements grand public, tous les formats sont bons pour transmettre les résultats de la recherche archéologique au plus grand nombre.

Alliant bonne connaissance des publics, aisance relationnelle et maîtrise de l’archéologie, les médiateurs sont l’interface entre le terrain et le grand public.

Le numismate étudie les monnaies, jetons et médailles pour en tirer des indices chronologiques et économiques. Ses analyses offrent un éclairage essentiel sur l’âge des vestiges, les activités du site et les réseaux d’échanges dans lesquels il s’inscrivait.

L’étude des monnaies permet souvent d’établir une chronologie précise. La date de frappe ou la figure représentée (empereur, roi…) fixe un terminus post quem, c’est-à-dire une date après laquelle les vestiges ont été déposés. 

Au-delà de la datation, ces objets livrent également des informations précieuses sur le site : identification des usages, des flux de circulation, et des activités présentes. L’analyse des provenances des monnaies ou des métaux utilisés retrace les échanges commerciaux et les réseaux économiques dans lesquels s’inscrivait le site à différentes périodes.

Le topographe mesure et enregistre les structures et vestiges archéologiques sous forme de points et de modèles 3D, afin de réaliser des plans et des profils géoréférencés des découvertes.

Observer, enregistrer puis interpréter les découvertes constituent les trois étapes majeures de la démarche archéologique. Obtenir une représentation planimétrique et altimétrique précise des vestiges est indispensable. Le topographe réalise donc des levés topographiques, c'est-à-dire l’enregistrement de la position des découvertes à l’aide d’un tachéomètre ou d'un relevé photogrammétrique. Les élévations de bâtiments et les coupes stratigraphiques font également l'objet de levés topographiques.

Les plans de découvertes archéologiques sont ensuite intégrés dans un SIG (Système d’Information Géographique) qui permet de considérer ces vestiges à l’échelle du site mais également dans un environnement géographique plus large.


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