La Direction de l'Archéologie

La Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon est le plus ancien service archéologique de collectivité en France. Elle fêtera son centenaire en 2035 !

De sa création à aujourd'hui, la Direction de l'Archéologie a connu de nombreuses évolutions.

1933-1935 : la création de l’atelier des fouilles et découverte du théâtre

En 1933, Édouard Herriot, alors maire de Lyon, lance officiellement des fouilles sur le site de Fourvière par un « chantier de chômage qui entreprendrait la recherche de l’amphithéâtre romain ». C’est finalement le théâtre qui sera découvert sur la colline de Fourvière.

En 1935, ce maire est à l’origine de la création d’un des premiers services archéologiques de France. L’équipe est composée d’une centaine d’artisans, ouvriers, maçons et terrassiers. La Ville de Lyon affiche une politique archéologique nouvelle et audacieuse, mêlant recherche, protection du patrimoine et diffusion au plus grand nombre. « L’atelier des fouilles » a également l’originalité d’associer dans ses missions l’insertion sociale et professionnelle.

Dégagement du théâtre antique de Fourvière

1933-1978 : les fouilles des grands monuments antiques

Sous la direction de deux premiers directeurs, Pierre Wuilleumier et Amable Audin, l’atelier municipal des fouilles va réaliser trois chantiers d’ampleur permettant le dégagement et la mise en valeur des monuments antiques emblématiques de Lugdunum :

  • 1933-1975 Dégagement du théâtre
  • 1951-1960 Dégagement de l'odéon voisin
  • 1956-1978 Dégagement de l'amphithéâtre sur les pentes de la Croix-Rousse

L'archéologue Amable Audin en train d'observer les murs de l'Amphithéâtre des Trois Gaules

1986- 1995 : la création des parcs archéologiques 

Le service archéologique municipal est également en charge de la mise en valeur des découvertes. Entre 1986 et 1995, il assurera la création et la gestion des parcs archéologiques suivants :

  • 1986 : parc archéologique de Fourvière (Lyon 5e)
  • 1982 : jardin des Estrées mettant en valeur les églises Saint-Etienne et Sainte-Croix autour du groupe cathédral Saint-Jean (Lyon 5e)
  • 1994 : parc archéologique de la basilique paléochrétienne et ensemble sépulcral de Saint-Just (Lyon 5e)
  • 1995 : parc archéologique de la basilique mérovingienne de Saint-Laurent de Choulans (Lyon 5e)

À l’heure actuelle, la Ville de Lyon assure toujours la gestion du Jardin des Estrées et de l’amphithéâtre des Trois Gaules. Les autres sites ont été transférés à la Métropole de Lyon, tout comme le musée gallo-romain, aujourd’hui Lugdunum, musée et théâtres romains.

Basilique Saint-Laurent de Choulans

1970-1980 : la naissance d’une archéologie de sauvetage

Entre 1933 et 1979, l’atelier des fouilles a accompagné une soixantaine de projets immobiliers ou d’urbanisme en réalisant des fouilles dites « de sauvetage », novatrices à l’époque.

Dans les années 1970, l’urbanisation menace même les quartiers anciens notamment le Vieux Lyon et plusieurs désastres archéologiques détruisent alors des pans entiers de la cité antique. 

La faillite de l’aménageur de la rue des Farges permet la fouille du quartier et des thermes antiques. Cela contribue à confirmer le nécessaire dialogue entre archéologues et aménageurs pour concilier les intérêts scientifiques et économiques.

En 1975, un projet d’ensemble immobilier sur un terrain du sommet de la colline de Fourvière (clos du Verbe Incarné) marque une première en France avec la signature d’un accord planifiant les fouilles entre 1978 et 1987. Un sanctuaire municipal du culte impérial y est fouillé.

1980 : le service archéologique municipal

En 1978, le maire de Lyon Francisque Collomb met en place  une commission interinstitutionnelle chargée « d’étudier et de proposer une organisation nouvelle de l’archéologie » municipale. L’atelier des fouilles devient alors service archéologique municipal (SAM). 
De 1980 à 2000, près de 600 opérations sont réalisées à Lyon dont la moitié par le service archéologique municipal. 

Au-delà des limites de la ville antique, l’archéologie de sauvetage fait émerger le quartier de Vaise et son occupation préhistorique et protohistorique. En 2000, en amont de la construction de l’école du Chapeau rouge à Vaise, une importante fouille est menée sur un atelier de potiers antique accompagnée d’une campagne de valorisation.

Fouille archéologique lors de la construction de la station de métro Gorge de Loup

2001-2003 : une nouvelle législation pour l’archéologie préventive

L’exemple Lyonnais du Verbe incarnée alimentera les réflexions nationales pour concilier aménagement du territoire et préservation du patrimoine archéologique. En 2001 et 2003, des lois organisent l’archéologie préventive. 

En savoir plus sur l'archéologie préventive

Dès 2003, le service municipal est agréé pour l'exécution de fouilles d'archéologie préventive pour les périodes chronologiques allant de l'Antiquité à l'Époque contemporaine, avec spécialité en archéologie du bâti. Il peut alors réaliser les diagnostics et les fouilles prescrits par l’État en amont des aménagements. En 2017, le service sera habilité pour la réalisation des fouilles pour la période protohistorique (3 000 à 43 avant notre ère).

« L'archéologie préventive, qui relève de missions de service public, est partie intégrante de l'archéologie. Elle est régie par les principes applicables à toute recherche scientifique. Elle a pour objet d'assurer, à terre et sous les eaux, dans les délais appropriés, la détection, la conservation ou la sauvegarde par l'étude scientifique des éléments du patrimoine archéologique affectés ou susceptibles d'être affectés par les travaux publics ou privés concourant à l'aménagement. Elle a également pour objet l'interprétation et la diffusion des résultats obtenus. » art. L 521-1 du Code du Patrimoine

Depuis 2001 : les grands chantiers archéologiques du 21e siècle

L’archéologie préventive a permis la multiplication des opérations archéologiques et de nombreuses découvertes. 

La plaine de Vaise dans le 9e arrondissement a fait l’objet de nombreuses fouilles mettant au jour une importante agglomération gauloise : 

  • 2000 : la fouille de l’école Chapeau Rouge met au jour un atelier de potier antique.
  • 2006 : la fouille du futur parking du cinéma Pathé à Vaise permet la découverte de tumulus du 2e siècle avant J.-C.
  • 2007 : la fouille de la rue des Tuileries  met au jour une forge et un atelier métallurgique du 6e siècle avant J.-C.
  • 2007 : la fouille de la rue du Mont-d’Or révèle des habitats des 6e et 5e avant J.-C.
  • 2022 : un sanctuaire gaulois et romain est dégagé place Dumas-de-Loire à Vaise.
     

Les découvertes antiques se sont également multipliées : 

  • 2007-2011 : la fouille de l’Antiquaille permet l’étude de l’unique mur de soutènement à arcades antique encore en élévation à Lyon.
  • 2014-2020 : la fouille concomitante à la construction du parking du Quai Saint-Antoine a notamment mis au jour des entrepôts et une rue antiques
  • 2019 : un grand mausolée circulaire a été dégagé sous le château Lamotte, dans le parc Blandan.
  • 2019-2023 : la fouille programmée du clos de la Visitation, co-dirigée avec l’université de Besançon, révèle sur des vestiges de la période gauloise ainsi qu’une caserne militaire installée sous Tibère.
  • 2020-2022 : les fouilles sous la Maison carrée mettent au jour une partie du forum antique sur le bord est du plateau de Fourvière. 
     

Enfin pour les périodes médiévales et modernes,  les fouilles majeures sont les suivantes :

  • 2012-2016 : 25 opérations sont menées à l’Hôtel-Dieu. Les découvertes sont un habitat du 1er siècle orné de peintures murales remarquables, une nécropole du haut Moyen Âge, le premier bâtiment hospitalier du 12e siècle, les restes des quartiers médiévaux détruits par l’extension de l’hôpital au début du 18e siècle, et des cimetières hospitaliers du 15e au 17e siècle, ainsi que protestants et juifs des 17e-18e siècles.
  • 2014-2020 : la fouille du parking du Quai Saint-Antoine a également mis au jour  les restes du premier pont sur la Saône, datant du 12e siècle, ainsi qu’une succession de maisons médiévales et modernes.
  • 2025 : la fouille du tènement au nord de la basilique d’Ainay a révélé des vestiges du monastère royal d’Ainay cité en 859 et de la salle capitulaire du 12e siècle.
     

Le service a très tôt développé une spécialité en archéologie du bâti permettant l’étude d’édifices emblématiques. 

  • 1997-2004 : à l’occasion du projet de réhabilitation de l’hôtel de Gadagne, musée d’Histoire de Lyon et musée des Arts de la Marionnette, des vestiges antiques ainsi que l’évolution de l’habitation de qualité du 14e à nos jours ont été étudiés. 
  • 2021-2023 : l’étude du mur nord de la maison du Chamarier a permis de retrouver l’enceinte canoniale du 12e siècle ainsi que les phases de construction de l’édifice qui s’échelonnent jusqu’au 17e siècle.
  • 2023-2026 : l’église Saint-Irénée est restaurée permettant l’analyse de l’évolution de sa crypte du haut Moyen Age à nos jours.
  • 2024-2025 : la restauration des chapelles latérales sud de l’église Saint-Nizier apporte de nombreuses informations concernant la construction et les restructurations de l’église du 15e siècle.
  • 2025-2026 : la réhabilitation du Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique révèle les décors de l’ancien hôtel de Ville de Lyon, entre les années 1604 et 1654.
     

2025-2028 : La Direction de l’Archéologie dans un bâtiment réhabilité et ouvert au public

La réhabilitation de l’ancienne école des Beaux-arts de la rue Neyret est engagée. Le service devenu Direction de l’Archéologie sera déployée dans l’aile ouest, sur 4 niveaux. La rénovation du bâtiment permettra l’accueil du public. Ainsi, la direction proposera une exposition temporaire annuelle accompagnée d’une programmation culturelle pour présenter les découvertes récentes de l’archéologie lyonnaise.


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