Qu'est-ce que l'archéologie ?
Kévin Carpin
L'archéologie
L’archéologie est la science qui étudie les civilisations passées à partir des vestiges matériels laissés par les hommes et leur environnement. Ces vestiges comprennent aussi bien les objets de la vie quotidienne que les constructions ou encore toutes les traces liées aux activités humaines. L’archéologie s’intéresse également aux environnements anciens afin de mieux comprendre le contexte dans lequel vivaient les sociétés du passé.
Comme toute discipline scientifique, l’archéologie repose sur une méthode rigoureuse. Le travail commence par la fouille, l’observation et l’enregistrement précis des données. Ces informations sont ensuite analysées et comparées afin d’élaborer des hypothèses et proposer des interprétations. Enfin, des restitutions permettent de rendre ces interprétations compréhensibles et accessibles à tous.
En raison de la diversité des compétences nécessaires, les archéologues se spécialisent souvent. Ils peuvent ainsi choisir une période chronologique (Préhistoire, Protohistoire, Antiquité, Moyen Âge, Époque moderne et Époque contemporaine), un type de vestige (céramique, faune, architecture, objets métalliques…) ou encore l’étude du bâti ancien.
L'archéologie préventive
Muriel Chaulet - Ville de Lyon
Le patrimoine archéologie est un bien non renouvelable appartenant à tous. Ainsi lorsque les projets de construction ou de réhabilitation de bâtiment risquent d’impacter le sous-sol ou les constructions anciennes, il est important d’étudier les vestiges en amont. Le dispositif de l’archéologie préventive concilie la connaissance de notre passé et les enjeux d’aménagement du territoire.
« L'archéologie préventive, qui relève de missions de service public, est partie intégrante de l'archéologie. Elle est régie par les principes applicables à toute recherche scientifique. Elle a pour objet d'assurer, à terre et sous les eaux, dans les délais appropriés, la détection, la conservation ou la sauvegarde par l'étude scientifique des éléments du patrimoine archéologique affectés ou susceptibles d'être affectés par les travaux publics ou privés concourant à l'aménagement. Elle a également pour objet l'interprétation et la diffusion des résultats obtenus. » Art L.521-1 du Code du Patrimoine
Ce dispositif est organisé en deux phases :
- Le diagnostic archéologique vise à évaluer le potentiel archéologique d’un terrain ou l’intérêt patrimonial d’un bâtiment. Cette première étape détermine la présence ou non de vestiges, leur nature, leur étendue et leur état de conservation.
- le diagnostic est positif s'il met au jour des vestiges archéologiques.
- Le diagnostic est négatif lorsqu'aucun vestige n'a été découvert.
- Une fouille préventive est prescrite si l’aménagement ne peut préserver les vestiges mis au jour. Cette seconde phase vise à les étudier de manière exhaustive.
L'archéologie programmée
Muriel Chaulet - Ville de Lyon
L’archéologie programmée, contrairement à l’archéologie préventive, est uniquement motivée par la recherche scientifique et permet des études sur plusieurs années. Une opération d’archéologie programmée peut être une fouille, un sondage, une prospection ou un projet collectif de recherche.
Creative Commons
Créé en 2015, le projet collectif de recherche pilotés par deux archéologues de la Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon réunit une équipe pluridisciplinaire d’une quinzaine de chercheurs : archéologues, historiens, géomorphologues, anthropologues, archéogéographes, historiennes de l’art. Leur objectif est de mener une étude de l’ancienne abbaye lyonnaise de l’Île Barbe depuis sa fondation à la fin du 4ème siècle jusqu’à la période actuelle. Le projet comprend des sondages archéologiques sur l’île, des études architecturales des bâtiments encore en élévation ainsi qu’un important travail sur les archives.
Les résultats de ce projet ont été présentés dans une exposition au Musée de l’Histoire de Lyon.
Muriel Chaulet - Ville de Lyon
Ce projet de recherche, dirigé par un archéologue de la Ville, coordonne les études pluridisciplinaires menées sur les réseaux souterrains des Arêtes de poisson à Lyon et des Sarrasinières en amont de Lyon. Les objectifs sont de dater les édifices, de déterminer leur fonction et leur contexte d’utilisation. Des datations au carbone 14 placent la construction des galeries dites en arêtes de poisson entre 40 avant J.-C et 50 après J.-C. Des prospections le long du Rhône ont été réalisées pour identifier les vestiges encore visibles. Puis des sondages ont été menés à l’intérieur des galeries ainsi que dans les Sarrasinières. Enfin, des prospections ont permis d’identifier la provenance des pierres de construction dans le Haut-Rhône. Les résultats et méthodes sont présentées dans une visite virtuelle.
Pour en savoir plus, découvrez la visite virtuelle des arêtes de poisson
Alpara
La Direction contribue également à l’ « Atlas topographique de Lugdunum » qui recense l’ensemble des découvertes antiques réalisées à Lyon. Les deux premiers tomes sur Fourvière et la Presqu’île sont édités ; actuellement les études se concentrent sur les quartiers périphériques de la ville antique.
Direction de l'Archéologie de la Ville de Lyon
Entre 2019 et 2023, une fouille programmée a été menée au Clos de la Visitation, à proximité immédiate de l’odéon. Co-dirigée avec l’Université de Besançon, elle a mis au jour des vestiges de la période gauloise et la caserne installée par l’empereur romain Tibère. Plus d’un millier de pièces d’équipements militaires ont été mises au jour. Cela constitue la plus grande collection de militaria (objets militaires) pour l’empire romain.
Cette fouille, d’un mois chaque année, a accueilli de nombreux étudiants en archéologie. Ils se sont formés aux méthodes de fouille, de dessin et d’enregistrement.
La publication scientifique des résultats est actuellement en cours.
Les découvertes fortuites
Direction de l'Archéologie de la Ville de Lyon
Les découvertes fortuites désignent les trouvailles imprévues de sites ou d'objets archéologiques sans recherche intentionnelle. Elles surviennent fréquemment lors de travaux (terrassement, construction) ou d'activités courantes comme le jardinage et la promenade.
L’auteur de la découverte, appelé inventeur, ainsi que le propriétaire du terrain, sont tenus d’en faire la déclaration immédiate au maire de la commune, qui doit la transmettre sans délai au préfet.
À Lyon, la Direction de l’Archéologie intervient pour enregistrer scientifiquement la découverte et permettre le cas échéant la poursuite des travaux. Ce sont parfois des sépultures qui sont dégagées à l’occasion de travaux sur des réseaux électriques ou de gaz.
Les différentes formes d'archéologie
Archéologie sédimentaire : c'est la forme d'archéologie la plus connue. Elle consiste à creuser dans le sol à la recherche de vestiges
Archéologie du bâti : C'est l'étude archéologique de bâtiments, en fondation ou bien encore en élévation. Elle consiste à retirer les enduits
Qui décide ?
Les diagnostics et les fouilles sont décidés par le préfet de région suite à l’instruction par le Service régional de l’archéologie (Direction régionale des affaires culturelles).
Ces opérations archéologiques sont réalisées par des services habilités par le ministère de la Culture.
Le saviez-vous ?
Les fouilles sont suivies de deux années d’étude pour écrire un rapport décrivant et interprétant l’ensemble des découvertes.
Quelques chiffres
- +300 sites archéologiques recensés à Lyon
- ~15 diagnostics archéologiques par an
- ~5 fouilles préventives par an
Pour aller plus loin
Direction de l'Archéologie de la Ville de Lyon
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