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Fouille à domicile sous le bâtiment Neyret (Lyon 1er)

Depuis le 30 juin, une fouille préventive menée dans le bâtiment de la Direction de l'Archéologie révèle les vestiges d'un quartier antique de Lugdunum : habitat, murs de terrasses, canalisation. Des découvertes prometteuses pour enrichir les connaissances sur ce quartier.

La réhabilitation du bâtiment Neyret

Situé rue Neyret, sur les pentes de la Croix-Rousse, le bâtiment de l’ancienne École des Beaux-Arts représente près de 6 000 m². Afin de préserver ce patrimoine tout en lui donnant une nouvelle vocation, la Ville de Lyon a engagé depuis 2020 un important programme de réhabilitation, estimé à 15 millions d’euros.

À terme, le site accueillera plusieurs structures : 

  • la Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon,
  • un Tiers-lieu de la Transition écologique,
  • l’École de la Résilience.

La Direction de l’Archéologie s’installera dans les nouveaux locaux dès le mois d’octobre 2026 et proposera au grand public une exposition inaugurale au printemps 2027. 
Le futur Tiers-lieu, géré et animé par le groupement Pali Pali, devrait quant à lui accueillir ses premiers publics à partir de 2028.

Une fouille "à domicile" pour les archéologues de la Ville

La fouille en cours sous le bâtiment constitue la deuxième étape de l'archéologie préventive engagée dans le cadre de ce projet de réhabilitation. 

Après un diagnostic archéologique réalisé en janvier 2025, qui avait révélé un fort potentiel archéologique, cette fouille permet d'étudier une surface plus vaste et d'affiner la compréhension de l'occupation ancienne du site.

Une première phase de fouille s’est déroulée du 29 juin au 18 juillet. La seconde phase se déroulera en septembre 2026.

Un secteur clef pour l'archéologie lyonnaise

Situé au cœur des pentes de la Croix-Rousse, le bâtiment Neyret occupe un secteur au fort potentiel archéologique. Il se situe dans l’ancien quartier antique de Condate, à quelques mètres au nord de l’amphithéâtre des Trois Gaules, vieux de 2 000 ans, qui accueillait de nombreux spectacles. Ce dernier était également une composante majeure du Sanctuaire fédéral des Trois Gaules, connu des sources écrites mais jusqu’alors non retrouvé, qui réunissait tous les ans les 60 nations gauloises à Lugdunum.

La fouille du bâtiment Neyret vient également compléter les découvertes récentes faites lors du diagnostic du Jardin des plantes en février 2026, qui avait révélé des traces d’urbanisation, quelques inscriptions, ainsi que d’importants restes de faune, liés aux spectacles (os de sangliers, de daims, de moutons, d’ours ou encore de panthère).

Toutes ces découvertes archéologiques témoignent d’une occupation dense du secteur autour de l'amphithéâtre.
 

Vestiges d'un quartier antique

Les découvertes réalisées lors de la première phase de fouille sont déjà prometteuses : 

  • Un mur de terrasse (1er siècle après J.-C.) s’étendant d’est en ouest, délimitant 2 niveaux de plateformes et témoignant des efforts des Romains pour habiter les pentes de la Croix-Rousse.
  • Un égout maçonné (2ème siècle après J.-C.) percé de fosses du 3ème siècle après J.-C. Ce dernier permettait d’évacuer les eaux usées en direction de l’actuelle montée des Carmélites où passait un axe de circulation antique.
  • Un niveau d’incendie (120-130 après J.-C.) (le même que celui trouvé lors du diagnostic du Jardin des Plantes) : traces de rubéfaction, remblais de matériaux incendiés qui ont permis la datation de cet incendie.
  • Les vestiges d'un habitat antique (1er état au 1er siècle après J.-C. puis reconstruction post-incendie au 2ème siècle après J.-C.) : 
    • 2 maçonneries adossées perpendiculairement au mur de terrasse délimitent un espace d’au moins trois pièces
    • La pièce la plus à l’est possède un sol en terrazzo (béton antique avec incrustations de tesselles) dont la limite orientale n’a pas encore été atteinte (elle fera l’objet de la seconde phase de fouille).
    • L’emplacement d’un laraire (autel consacré au culte des Lares, les dieux du foyer) a été mis en évidence grâce aux vestiges d’un massif de fondation bétonné.
    • Sous le niveau de sol, un dépôt cultuel a été découvert, constitué d’une lampe à huile, déposée sur sa face décorée et entourée de restes de faune (escargot, coquille d’huître et os de poule).
  • Enfin, un espace délimité par 6 trous de poteaux a été repéré entre les deux murs de refend.

Toutes ces découvertes sont autant d'indices qui contribuent, peu à peu, à reconstituer l'histoire du quartier.
 

Visitez le chantier de fouille !

Curieux d'en savoir plus sur les découvertes en cours ? 

Des visites guidées du chantier sont proposées au grand public. L'occasion exceptionnelle de découvrir les coulisses d'une fouille archéologique et d'échanger avec les spécialistes qui explorent, sous leurs propres locaux, plusieurs siècles d'histoire. 

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