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Le château de la Motte

Icone: location Lyon 7ème

Icone: calendar 2018

Le château de la Motte

Adresse : 37 rue du Repos, Lyon 7ᵉᵐᵉ

Période(s) : Antiquité, Médiéval, Moderne

Opération : diagnostic d'archéologie préventive

Dates de l'opération : juin – juillet 2018

Opérateur : Service archéologique de la Ville de Lyon

Aménageur : SAS PARC B

La prochaine reconversion du château de la Motte et de ses abords en lieux de réception a déclenché la prescription d'un diagnostic archéologique réalisé au cours de l'été 2018. L'opération confirme, tout en les précisant, les hypothèses formulées au terme du précédent diagnostic conduit par E. Bernot, en 2009, avant le réaménagement du parc Blandan.

Le site est installé sur le rebord de la terrasse fluvioglaciaire de la Guillotière, à l'origine plus développée vers le nord que ne le suggère son tracé remanié actuel. Cette position dominante a favorisé son occupation depuis le Bas-Empire au moins. Des murs antiques très arasés et des niveaux d'occupation faiblement marqués sont apparus à la fouille. Ils s'ajoutent au denier de Septime Sévère recueilli en 2009 et au sarcophage épigraphié du 3ᵉᵐᵉ siècle que Claude Bellièvre avait vu au château, au milieu du 16ᵉᵐᵉ siècle.

Une sépulture datée par radiocarbone des 12ᵉᵐᵉ-13ᵉᵐᵉ siècles a également été mise au jour et semble pouvoir se rattacher à la série d'inhumations en pleine terre mises au jour à l'occasion du terrassement des fortifications du 19ᵉᵐᵉ siècle.

Le château lui-même n'est pas aussi homogène que la large diffusion d'éléments architecturaux spécifiques, comme les croisées gothiques ou les archères-canonnières, et l'omniprésence du pisé pourraient le laisser penser. Un noyau ancien, peut-être chronologiquement proche de la sépulture découverte, a pu être identifié. Il n'en subsiste que deux murs en angle, caractérisés par leurs solins de moellons de granite, possiblement récupérés sur les maçonneries antiques. Le monticule qu'ont pu former ces maçonneries effondrées, au sommet du relief, sont d'ailleurs peut-être à l'origine du toponyme qui n'est en tout cas pas lié à l'existence d'une motte castrale.

Après le remblaiement général du site, l'habitat s'y densifie rapidement. Le pavillon rectangulaire, qui fait aujourd'hui saillie dans la cour, a probablement été bâti à la fin du Moyen Âge : son soubassement de petits galets supporte une élévation de pisé. Dans les premières décennies du 16ᵉᵐᵉ siècle, le grand corps de logis occidental visible depuis la rue du Repos, est abouté aux vestiges du bâtiment primitif, qu'il prolonge en partie.

Le portail, la courtine, et les tours qui cantonnent ce logis et lui donnent à dessein l'aspect extérieur d'une forteresse, sont bâtis dans la foulée. Côté cour, les éléments modernes sont plus marqués. Entre les grandes croisées gothiques du logis, l'escalier demi-hors d'œuvre est typiquement renaissance. En 1539 (?), les deux logis sont reliés par une galerie Renaissance ouverte, où se concentre toute la richesse ornementale de l'édifice. Elle débouche à l'est sur une tour carrée qui abritait, au premier étage, une petite chapelle voûtée, aux murs peints, qui a fait place, au 19ᵉᵐᵉ siècle, à l'actuel escalier.

Les transformations subies par l'édifice achevé au 16ᵉᵐᵉ siècle sont nombreuses, surtout après sa reconversion en pavillon pour officiers en 1833. Il n'en demeure pas moins un intéressant témoin architectural de la charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance, et un édifice remarquable par l'ancienneté et la bonne conservation de son architecture de pisé.

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