ZAC du quartier Saint-Vincent
Icone: location Lyon 1er
Icone: calendar 1994
Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon
ZAC du quartier Saint-Vincent
Adresse : Quartier Saint-Vincent, Lyon 1er
Période(s) : Âge du fer, Antiquité, Moyen Âge, Époque moderne
Opération : Fouille archéologique
Opérateur : Service archéologique de la Ville de Lyon
Aménageur : SERL
En 1983, dans le cadre de la Zone d'Aménagement Concerté (ZAC), sept secteurs voués à la destruction sont définis. Le projet, situé dans une zone archéologique sensible, donne lieu à la programmation de plusieurs opérations archéologiques de sauvetage entre 1983 et 1994.
Les fouilles et l'étude de l'élévation des bâtiments avant destruction, associées aux sources historiques, révèlent l'évolution de ce quartier.
Pendant la période protohistorique, cette zone a été occupée sur une superficie restreinte, par des traces d'habitat datées du 9ème-7ème siècle et du 6ème-5ème siècle avant J.-C.
Pour la première moitié du 1er siècle avant J.-C., cinq fours et deux aires aux fonctions mal définies témoignent de la présence d'un atelier de potier, partie d'une activité commerciale entre l'Italie et la Gaule.
Entre 43-15 avant J.-C., apparaît un habitat isolé ensuite abandonné. À la fin du 1er siècle de notre ère, l'ensemble de la ZAC est urbanisé, l'artisanat s'y développe, des entrepôts s'y installent. Autour de 19 avant J.-C., l'amphithéâtre des Trois Gaules et le temple de Rome et d'Auguste sont édifiés à proximité du quartier Saint-Vincent. Ce développement témoigne de l'essor rapide et sans précédent de la ville à cette période sur la presqu'île, à l'image de la colline de Fourvière.
Au 2ème siècle, une nouvelle vague de construction fait disparaître l'aspect artisanal du quartier au profit de très grandes demeures luxueuses et d'édifices publics dont un ensemble thermal précédé d'un palestre.
Le 3ème siècle, le quartier Saint-Vincent présente des traces d'abandon. La fonction thermale se poursuit jusqu'au début du 4ème siècle. Des traces fugitives attestent également en plusieurs points de la fréquentation du site au-delà du 5ème siècle.
Pour la période médiévale, les traces les plus anciennes sont du 10ème-11ème siècles. Le bourg se développe au 13ème siècle autour de son église paroissiale et accueille une population très modeste. Un essor apparaît au cours du 16ème siècle, les parcelles agraires sont morcelées et construites. Il évolue ensuite dans la seconde moitié du 17ème siècle et la première moitié du 18ème siècle par la construction d'immeubles de rapport, qui devient le type d'habitat majoritaire et ensuite exclusif dans la seconde moitié de ce même siècle. Ce n'est qu'au cours du 19ème siècle que les projets d'urbanisme, à l'exemple de la rue de la Martinière, modifient l'aspect du quartier.