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La fouille de la cour de la Chaufferie

Vue générale de la fouille de la cour
de la Chaufferie © SA Ville de Lyon
Adresse: Quai Jules Courmont, 69002 Lyon

Période(s) d'occupation : Antiquité, Médiévale, Moderne

Opération : Fouille archéologique (étude en cours)

Opérateur : Service archéologique de la Ville de Lyon

Aménageur : Eiffage immobilier


La fouille de la cour de la Chaufferie : le passé recomposé de l’Hôtel-Dieu

Dans le cadre de la reconversion du site de l’Hôtel-Dieu (Hospices civils de Lyon) sous la maîtrise d’ouvrage d’Eiffage Immobilier, la construction d’un parking souterrain sous la plus grande des cours de l’Hôtel-Dieu, la cour de la Chaufferie (2000 m²), a justifié la mise en place par l’Etat (Service régional de l’Archéologie – Direction des Affaires culturelles Rhône Alpes) d’opérations d’archéologie préventive. Prescrite par l’Etat sur la base des résultats du diagnostic réalisé en 2011, une fouille est conduite depuis juillet 2012 par le Service archéologique de la Ville de Lyon (SAVL).


Premiers résultats

Après une phase de terrain de cinq mois, la phase d'étude est actuellement en cours. La richesse des vestiges mis au jour renseigne déjà précisément sur les grandes époques d’occupations qui se sont succédé sur cette rive encore mal connue du Rhône.


L'occupation médiévale et antique

Partiellement détruits par les fondations des bâtiments de J.-G. Soufflot mais épargnés par les maisons du quartier Bourg Chanin, les vestiges antiques sont conservés en profondeur (parfois plus de 4 m). Ruinés à la fin de l’Antiquité, les sols de terrazzo (béton antique avec inclusions) sont restés en place, perforés par quelques fosses creusées au Moyen Age ou à la Renaissance. La plupart des murs ont disparu, les pierres employées pour les fondations ayant été récupérées pour d’autres constructions. Malgré ces lacunes, quatre phases ont pu être identifiées pour l’Antiquité, ce qui viendra compléter le plan encore très parcellaire de la Presqu’île antique. La période médiévale, où l’on distingue deux phases, n’est que faiblement représentée, et atteste une simple fréquentation des terrains en bordure de fleuve dans
l’environnement de l’Hôtel-Dieu médiéval.

Vestiges de sols et de murs du Bourg Chanin, visibles
entre les fondations de l’appartement des fous,
et plan de restitution © SA Ville de Lyon

L'occupation moderne et contemporaine

La naissance du Bourg Chanin à la fin du Moyen Âge marque une autre étape importante de l’urbanisation du site. Ce quartier, déjà dense sur le Plan scénographique de la ville au XVIe siècle, continua à se développer jusqu’au début du XVIIIe siècle et à son abandon progressif dû à l’expansion de l’Hôtel-Dieu. La fouille a révélé, derrière les maisons aux sols de tomettes dont la façade s’ouvrait sur la rue Bellecordière et qui n’ont disparu qu’en 1843, des espaces ouverts cultivés en jardins ou occupés par des communs abritant des activités artisanales.

Enfin, la cour de la Chaufferie, avant d’être occupée par des bâtiments techniques dévolus au service de l’hôpital, était traversée du sud au nord par une aile appartenant au programme architectural conçu par J.-G. Soufflot. Nommée appartements des fous sur un plan du XVIIIe siècle, elle a été détruite en 1937. Ses fondations, présentes au centre de la cour, s’ancrent au cœur des vestiges plus anciens.

Le mobilier céramique

Pour l’Antiquité (les deux tiers des fragments dégagés), la céramique mise au jour illustre le goût des habitants de Lugdunum pour la vaisselle de table rouge dite « sigillée » produite dans les grandes officines du centre et du sud de la Gaule. De nombreux gobelets et bols proviennent également d’ateliers lyonnais situés le long de la Saône et à Vaise, tandis que la découverte de nombreux fragments d’amphores d’origines diverses atteste de l’importation de produits lointains : huile d’olive du sud de l’Espagne, vin de Méditerranée orientale, etc.

Durant le Moyen Âge, le répertoire des vases se restreint à quelques formes utilitaires aux couleurs sombres, utilisées pour la cuisson comme pour le stockage des aliments. À partir du XIIIe siècle, de nouvelles techniques de fabrication apparaissent et la table se pare désormais de couleurs avec de petits pichets glaçurés.

Ensuite, et jusqu’à la période contemporaine, la céramique ne cesse de se diversifier. Pour l’ultime occupation du site, les archéologues ont découvert un important dépotoir de céramiques constitué autour de 1840. L’observation de cet ensemble montre la richesse du vaisselier lyonnais au début de l’ère industrielle. 

Dernière modification : 19/09/2013 09:02