Logo pour impression Maison du Chamarier

Maison du Chamarier

Adresse: 37 rue Saint Jean

Période(s) d'occupation : Moyen Age

Opération: Fouille

Dates de l'opération: 1986-1990 et 2000

Opérateur : AFAN

Aménageur : Ville de Lyon

Maitre d'œuvre : D. Repellin (Architecte en chef des Monuments Historiques)


Classée Monument Historique en 1943


Cette maison a donné lieu à différentes opérations de fouilles au cours de ces vingt dernières années : deux campagnes de sondages sont menées en 1986 et en1990 et une étude du bâti est entreprise en 2000 avant la restauration de cet édifice. Ces différentes investigations permettent de mettre au jour des niveaux antiques et médiévaux et de reconstituer l’évolution de ce bâtiment.

Le mur nord de l’îlot est en fait constitué par le mur de l’enceinte canoniale. Les textes rapportent que cette enceinte fut construite sous l’épiscopat de Guichard de Pontigny entre 1165 et 1180. La maison se situe donc à l’intérieure du cloître de Saint-Jean et vient s’appuyer contre cette muraille.

Les vestiges les plus anciens de cette maison canoniale qui deviendra la demeure du chamarier -haut dignitaire du chapitre chargé des clefs et de la police du cloître- remontent au XIIIe siècle ; à cette époque elle semble déjà constituée d’au moins deux corps de logis perpendiculaires : l’un sur la rue Saint-Jean, dans l’angle sud-ouest de l’îlot et l’autre sur la cour dans l’angle nord-est.

Au cours des XIVe et XVe siècles ce bâti connaît quelques modifications dont il ne reste que peu de chose hormis l’aménagement de l’accès vers la cour depuis la rue Saint-Jean. Mais les vestiges des transformations effectuées à cette époque sont très fragmentaires car ces dernières ont été largement effacées par les restructurations importantes entreprises à la période suivante.

Au XVIe siècle des travaux considérables sont réalisés par le Chamarier François d’Estaing (évêque de rodez en 1529) puis, par son neveu Charles. A l’intérieur du cadre rigide fixé dès le XIIIe siècle, ils réorganisent l’espace et transforment un habitat morcelé en une vaste demeure qui adopte le schéma classique de la maison urbaine de la Renaissance : plusieurs corps de logis reliés par un escalier en vis et des galeries extérieures. Cette nouvelle architecture est complétée par un programme décoratif d’enduit peint dont de nombreux fragments sont mis au jour ; le décor probablement le plus remarquable étant la fresque peinte du cabinet d’humaniste italianisant de la galerie ouest. Un puits et un lavabo, attribués à l’architecte Philibert Delorme ornent la cour de cet hôtel devenu une des plus belle demeure du quartier.

Ce sont principalement les décors qui vont être modifiés au cours des siècles suivants. Ainsi peut-on suivre la succession des différents chamariers du XVIIe siècle à travers la succession des décors peints et des blasons.

A la Révolution française, le quartier canonial est démantelé, puis au cours du XIXe siècle, la maison se transforme en logements populaires et se paupérise à l’image de l’ensemble du quartier Saint-Jean.

Classée Monument Historique en 1943, elle fait aujourd’hui l’objet d’un projet de restauration afin d’en restituer l’état initial. Cofinancés par la Ville de Lyon et l’État, les travaux vont permettre la réouverture de galeries, la restauration des décors peints, des vitraux et des menuiseries ainsi que la réfection des fenêtres à meneaux.

Programmation culturelle

Façade visible de la rue Saint-Jean. Edifice fermé au public.