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La Sarra

Adresse : Place du 158e Régiment d’infanterie, 69005 Lyon

Période(s) : Antiquité

Opération : diagnostic d'archéologie préventive

Dates de l'opération : octobre 2019

Opérateur : Service archéologique de la Ville de Lyon

Le projet de construction d’un nouvel EHPAD sur la place du 158e Régiment d’Infanterie, dans le 5ème arrondissement de Lyon, a entraîné la prescription par les services de l’État d’un diagnostic archéologique, réalisé en octobre 2019.

Le secteur diagnostiqué se situe sur le sommet de la colline de Fourvière, à proximité immédiate de grands sites fouillés dans les décennies précédentes ou plus récemment, ayant mis en exergue une occupation dense dont la période couvre le Ier siècle avant jusqu’au IIIème siècle de notre ère.

Sur les 10 sondages ouverts sur l’ensemble de la parcelle, 7 se sont avérés positifs. Ils ont globalement confirmé l‘occupation du secteur, et ce dès les premiers moments du règne d’Auguste, jusqu’au début du IIIème siècle de notre ère. L’occupation précoce est avérée dans les sondages 1, 2 et 6.

Un fossé augustéen a pu être repéré en sondage 1 suivant une orientation est-ouest. Il a probablement subi un recreusement après un curage partiel. Le sondage 2 a mis au jour deux murs et une portion d’un espace de circulation construit en galets, probable voirie ou espace extérieur, qui fonctionne avec le mur occidental, sous la période augustéenne, avec un abandon progressif qui court jusqu’à la période tibérienne. Deux structures en creux de type fosses, dont la fonction reste indéterminée, sont associées à cette période. Une fosse dans le sondage 6 a pu également être rattachée avec certitude à la période augustéenne. Les autres creusements observés dans ce sondage n’ont pu recevoir de datation précise, l’appartenance à l’antiquité de trois d’entre elles étant même mise en doute par la présence non négligeable de calcaires des Monts d’or dans leur remplissage.


La découverte la plus notable est une citerne, mise au jour dans le sondage 5, mais malheureusement pas entièrement conservée, dont la longueur totale reste inconnue en raison de la destruction de sa partie septentrionale. Ses dimensions, incomplètes, ne permettent pas d’affirmer si l’on est dans un contexte domestique ou public. Néanmoins, une restitution possible d’une capacité avoisinant les 80 m3 rend peu probable un usage domestique privé. Sa date de construction n’a pu être déterminée, mais son abandon est daté de la période flavienne. Dans le sondage 2, un second mur se met en place tardivement - parallèlement au premier déjà décrit - dans le deuxième tiers du IIIème siècle, après un hiatus dans l’occupation de plus d’un siècle et demi.
C’est dans le sondage 8, dans la partie haute du site, qu’a été mis au jour le second des deux niveaux de sols identifiés sur le site. Il s’agit d’un terrazzo, à la cote de 280,46 m NGF, qui occupe l’ensemble du sondage, sans maçonnerie associée, surmonté d’un niveau de démolition daté de la période couvrant la période flavienne et le début du IIème siècle. La sporadicité des vestiges des sondages 7 et 9, fondations de blocs de gneiss liés au mortier de chaux installées dans le terrain naturel et dépourvues de mobilier associé, laissent peu de place à l’interprétation.
 Il est à noter enfin la relative rareté du mobilier associé aux vestiges - assez peu de céramique, quasi absence de verre et de mobilier métallique - sur l’ensemble du site.